Une semaine, déjà.
Il y a une semaine que nous avons parcouru ces derniers kilomètres qui ont bouclé la boucle, qui nous ont ramenés chez nous, à notre point de départ.
Il nous a fallu ce laps de temps pour atterrir et pour pouvoir écrire ces dernières lignes, qui marquent un point final à ce voyage.
Les dernières semaines de routes ont été à la fois longues et courtes, tiraillés que nous étions entre le désir de retrouver nos proches et celui de nous laisser le temps de savourer ces derniers moments de pleine liberté, de rêve et de voyage… Chaque coup de pédale nous rapprochait du dernier, et, comme le tout premier, l’ultime tour de roue n’est pas le plus facile, mais il est le plus nécessaire.
Ainsi, du Piémont nous avons gagné le Val d'Aoste, fait l'ascension du Col du Petit-Saint-Bernard, qui nous a ramenés... en France ! Derniers lacets dans le Cormet de Roselend (la chapelle a retrouvé un cloche, merci Paccard ), redescente sur Ugine, dernière nuit, derniers kilomètres, puis dernière montée, une de ces montées qui en valaient la peine, avant de retrouver nos familles, regroupées pour nous accueillir...sous la pluie ! Et une magnifique tortue en chocolat flanquée de deux petits cyclistes à déguster... nous voilà cannibales !
Bernard Giraudeau a écrit : « Le voyage est une aube qui n’en finit pas. C’est l’aube qui est belle parce qu’elle embellit. C’est la promesse de l’émerveillement, la naissance de la vie incompréhensible. Le bonheur du voyage, c'est de tout faire pour la première fois. » Nous avons goûté, savouré et vécu pleinement ces 342 jours, chacun de ces 17 142 km parcourus. Nous avons eu cette chance, nous l’avons saisie à pleine main, et avons essayé de vous la faire partager en partie par le biais de ce blog. Il est des expériences qui vous marquent à jamais, ce voyage en fait partie, et une part de nous-même est restée dans le vent de Patagonie, dans le sel d’Uyuni, au sommet du Huayna Picchu, dans les eaux d’Along, les forêts de Thaïlande, les pierres d’Angkor, les tunnels de Cappadoce, les montagnes et les fleuves d’Europe, et auprès de toutes ces personnes que nous avons rencontrées…
Nous voilà à présent rentrés, avec une certitude ancrée au plus profond de notre cœur, nous repartirons ! Car elle est belle, notre planète ! Elle mérite que l’on fasse l’effort de partir à sa découverte, à la rencontre de hommes qui la peuplent, et que l’on s’émerveille devant les paysages, les ciels étoilés, le sourire des enfants.
Partout, le voyageur qui sait rester humble trouvera une main tendue, un verre d’eau, un abri offert en toute simplicité. S’il est une leçon à retenir de notre périple, c’est que le voyageur est un ambassadeur, un trait d’union entre les peuples, les cultures, et qu’il peut contribuer à ralentir un peu la folie du monde, et à nous rappeler que les gestes simples de l’accueil, de l’entraide, sont une vérité.
Alors un très grand merci à tous les Alain, Michèle, Vicente, Fabian, Gonzalo, Maria-Eugenia, Ana-Maria, Amerigo, Lan, Aek, Toy, Mala, Mustapha, Idriz…, et à tous les autres dont nous ne connaissons pas forcément le nom (cela n’est pas nécessaire) qui nous ont tendus bouteilles d’eau, fruits, pains, ou tout simplement la main, pour ces leçons d’humanité. Nous ne l’oublierons pas, car ce fut la plus touchante, et la plus importante expérience de ce voyage, et à notre tour, nous nous efforcerons de poursuivre cette aventure, ici, en France.
Il est tant à présent de clore (pour le moment) cette page et de recommencer une nouvelle aventure, pas forcément plus facile, celle du retour à la vie quotidienne, auprès de nos proches, de nos amis, et de reconstruire tout ce que nous avions délaissé pour partir. Nous revoilà deux personnes ordinaires…
Je m’aperçois que j’ai oublié de présenter à ceux qui ne la connaissent pas encore notre petite compagne de route qui nous a accompagnés les dernières semaines. Il s’agit d’Ocarina, une adorable petite oie normande qui nous a été offerte en Italie, et qui nous a bien souvent volé la vedette. Il est vrai que deux cyclotouristes de retour d’un tour du monde, c’est un peu banal, mais une jolie oie aux yeux bleus qui s’assoit sur un banc au café, voyage sur un porte-bagages, danse en prenant son bain, et nous suit partout en cancanant, il y a de quoi s’étonner...
Voilà, nous sommes à la fin de cette aventure... Un grand merci à vous tous qui nous avez suivis, encouragés, accueillis. Que votre route soit belle !