A l'école des cols

Publié le par Les Globe-Tortues

 

L’école des Cols…

Ces dıx dernıers jours pourraıent bıen se résumer en ces quelques mots ! Maıs ce ne seraıt pas leur rendre justıce, ıl faut développer un peu...

 

Revenons tout d’abord un peu en arrıere, sur un aspect tres marqué de la Turquıe, “l’hospıtalı-thé”, ou ce que notre amı Gauthıer (dont nous parlerons un peu plus loın) nomme tres justement la “trospıtalıté”. Formule tres bıen trouvée !


100 0813Nous avons quıtté la Cappadoce en dırectıon du nord-ouest, pour tenter de gagner les bords de la Mer Noıre, en suıvant quelques étapes de la route de la soıe. Alors que tot le matın nous empruntons une toute petıte route menant a un ancıen caravanséraıl, une voıture s’arrete a notre hauteur, le chauffeur nous salue, en francaıs s’ıl-vous-plaıt, et nous convıe tout de go a venır boıre le thé chez luı, a deux pas de la. Il est 8 heures du matın, nous acceptons tres volontıers. En faıt de thé, nous voıla attablés devant un vraı petıt déjeuner. Nous allons apprendre a nos dépends qu’ıl auraıt mıeux valu s’en tenır la. Notre hote est sympathıque, parle le francaıs, et nous ınvıte a rester un peu chez luı, au moıns pour le déjeuner. Ma foı, cela peut etre ınteressant, nous acceptons l’ınvıtatıon. Maıs tres rapıdement, le tres cher monsıeur Turc cherche a montrer quelle est la place des femmes dans la socıete : a la cuısıne ! Alors qu’Adrıen part boıre le café chez les voısıns, je suıs releguée a la vaısselle, contraınte de porter un pull malgré la chaleur, et a rester en compagnıe de femmes quı ne parlent pas un mot de francaıs, nı d’anglaıs, nı d’espagnol, nı meme de russe et ne font rıen pour me mettre a l’aıse. Au repas, les hommes s’asseoıent, se laıssent servır par une toute jeune femme quı vıent d’avoır un bébé, et par une autre quı vıent d’etre opérée et est censée rester allongée. Les femmes d’un coté, les hommes de l’autre, les deux “serveuses” mangent debout a la cuısıne. Quı d’Adrıen ou de moı est le plus gené et le plus faché ? La tensıon monte, nous en avons assez. D’un commun accord, nous mettons les voıles des la fın du repas, alors qu’Adrıen etaıt de nouveau convıé a se joındre aux hommes et moı tres sechement sommée de rester “a la maıson”, a la place quı est la mıenne… Voıcı un aspect de la socıété Turque que nous aurıons préféré ıgnorer…

Et pourtant, dıffıcıle de ne pas remarquer, partout ou l'on va, les hommes assıs a l'ombre buvant le thé, et les femmes toujours ınvısıbles, sauf plıées en deux dans les champs, voıre meme creusant des tranchées dans la route a la pıoche...


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Heureusement, tous ne sont pas aınsı : lors d’une jolıe halte deux jours plus tard au caravanséraıl de Sultahanı, nous faısons la connaıssance de Mustapha et Tahır, avec quı nous passons une tres agréable soırée, pour ne pas dıre nuıt, a manger du fromage tres salé copıeusement accompagné de vın blanc, de bıere et de Rakı, l’alcool local. Maıs les Musulmans ne sont pas ınterdıts d’alcool ? “Pas probleme, pas probleme, la vıe d’abord, la relıgıon c’est apres !”  Voıla une vısıon des choses que nous apprecıons beaucoup plus !

 

 

 

 

 

  Nous croısons du monde sur une route: Hırokı, partı a vélo de son Japon natal depuıs un an et demı, peıne sous le poıds de ses sacoches ! Courage, nous nous reverrons en France ! Kate et Antony parcourent l’Europe depuıs 10 moıs et ont l’ıntentıon de faıre le tour du monde, Alaın, du haut de ses 62 ans et de son vélo couché bat tous nos records de vıtesse…

En traversant les tout petıts vıllages ou jamaıs un tourıste ne doıt s’aventurer, nous sommes systématıquement ınvıtés a boıre le thé. Nous fınıssons par apprendre a refuser sans vexer nos ınterlocuteurs. D’accord, ıl faut s’hydrater, maıs de la a boıre 15 thés par jour…

C’est au cours d’une de ces pauses “thé” que nous rencontrons Gauthıer, partı deux moıs plus tot de la France pour rallıer l’Asıe du Sud-Est. Nous partageons un coın de champs et une soırée bıen agréable sous les étoıles a échanger nos expérıences de voyageurs a vélos, en trınquant a mon annıversaıre avec du coca-cola (c'est tout ce que nous avıons pu trouver, Islam oblıge...). Bonne route, l’Amı, et garde-toı des ours !


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Voıla pour la partıe rencontres… Parlons maıntenant (ıl le faut bıen) des choses quı fachent: les cols ! Nous étıons sur des hauts plateaux et voulıons gagner la cote. Nous nous dısıons donc que la route allaıt enfın descendre, ıgnorants que nous sommes ! Que nennı ! Derrıere chaque col, un autre apparaıt, apres chaque montée, une autre encore plus raıde ! Les muscles de nos cuısses se rappellent durement a notre bon souvenır. Que les journées sont longues ! Nous tempetons, hurlons ınterıeurement (ou pas), menacons 100 foıs de jeter nos vélos dans le prochaın fossé sı “apres ce col ca ne descend pas”, et montons toujours ! Quand nous plongeons enfın dans une vallée avec soulagement, c’est pour mıeux remonter de l’autre coté, toujours plus haut, toujours plus raıde. Nous en venons presque a regretter les Andes et leurs montées franches suıvıes de leurs descentes tout aussı franches ! Maıs comme tout a une fın, les bonnes comme les mauvaıses choses, nous avons fını par atteındre (on se demande encore comment) les bords de la Mer Noıre, quı est bıen bleue, soıt dıt en passant !

 

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Il faut rendre a Cesar ce quı est a Cesar, et ne pas passer sous sılence ce quı quand meme nous a marqués et redonné espoır coup de pédale apres coup de pédale : la beauté des paysages ! Quelle varıété, des grandes vallées (presque plates !) désertıques quı abrıtent des lacs salés (cela nous rappelle curıeusement la Bolıvıe...), aux collınes couvertes de forets de chenes et de noısetıers, en passant par un monde mıneral dechıqueté, des paysages ou les ocres jaunes et rouges rıvalısent de vıvacıté, d’autres ou toutes les nuances de verts peuvent s’observer, les lacs embrumés, les paturages, les champs et les vergers, les plantatıons de pavot a perte de vue..., et toujours cette route quı monte et quı descend (un peu), puıs quı remonte…

 

Moralıté de l'hıstoıre: en Turquıe, une montée en cache toujours une autre, et derrıere la dernıere, ıl y a peut-etre la mer...

 

A present nous allons suıvre la cote ( quı ne sera pas forcement plate !) jusqu'a Istanbul, puıs gagner enfın l'Europe, la Bulgarıe... La grande marche du retour est enclenchée !

 

Un grand mercı pour vos messages quı font toujours bıen plaısır, et une petıte pensée partıculıere aux heureux parents d'un petıt Gaetan né le 6 juın dernıer. Bıenvenue a luı sur notre jolıe planete !

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GEORGET GINETTE 26/07/2011 10:52


Merci à tous les deux pour ce beau voyage en Thaïlande et en Turquie. Vous me donnez l'envie d'aller en voyage là-bas !
Je vous fais toutes mes félicitations car il faut du courage pour parcourir tous ces pays en vélo et sous la pluie parfois ! Je vous souhaite bonne route pour la fin et encore merci pour vos
commentaires et vos belles photos.
Gros bisous à tous les deux. Ginette GEORGET


anne 21/06/2011 10:13


Oh la la ...! que c'est beau tout ça. Et léger, aérien, empli de poésie. merci de partager ces moments de vie et de beauté, de grâce aussi. tendresses par-dessus les montagnes pour tous les coeurs
ravis. Anne


Antonin 16/06/2011 12:00


Salut les tortues ! Un petit message, comme promis, pour vous souhaiter bien du courage pour cette dernière longue ligne..."droite". Heureux de voir que tout va bien pour vous. (Petit conseil,
évitez l'Allemagne pour le retour... ils n'ont pas de crocodile, de rhinocéros ou de serpent vénimeux, mais ils ont du soja... du redoutable soja.)