Saut de Buce sur la carte

Publié le par Les Globe-Tortues

Devinez ou nous sommes !

 

Un petit indice : encore en Amerique du Sud, toujours dans le desert mais pas loin de l'hiver...

 

Encore au Chili ? De retour en Argentine ? Et bien pas du tout ! Nous voici arrives en Bolivie, a Uyuni plus precisement. Un grand desert de sel tout blanc, ca vous dit quelque chose ? Bon, on l'avoue, le bus nous a donne un petit coup de pedale.

Resumons : Aux dernieres nouvelles, nous etions au bord du Pacifique, a Tome. De lá, nous sommes remontes jusqu'a Valparaiso en passant par la maison de Pablo Neruda, sanctuaire d'objets de tous horizons, amonceles par le poete, amoureux de la mer mais jamais marin. Sa preference va aux figures de proue qui peuplent son salon. Escale poetique, donc. De lá, nous avons gagne Valparaiso, sans nous attarder sur la cote tres touristique et peu interessante. Classee au patrimoine mondiale, Valparaiso etale ses quartiers bigarres sur les collines qui surplombent l'Ocean. Batiments coloniaux de la fin du 19éme, immeubles modernes et bicoques de toles multicolores s'entassent pele-mele dans un joyeux desordre citadin.

Une idee un peu folle s'empare de nous, aller voir l'Aconcagua coute que coute. Pour cela il nous faut emprunter la celebre route des Caracoles, route par laquelle les Incas traverserent les Andes pour envahir les Indiens Tehuelches. 21 courbes (en realite il y'en a 28) pour s'elever de 1000m sur 10km... Pleins de courage, nous nous elancons donc sur les 60km qui separent Los Andes (clin d'oeil a quelqu'un qui se reconnaitra) du col et rencontrons trois Francais qui en descendent. Leur description de la route n'est pas faite pour nous rassurer. Mais l'envie de voir ce fameux sommet, seigneur des Andes, nous pousse a perseverer. C'est apres 40km de montee et plus de trois heures de lutte que nous abdiquons, au pied des fameuses courbes, veritable mur qui en effraierait plus d'un. Un camion secourable nous conduira tout de meme au sommet du col a 3200m d'altitude. Bivouac magique au bord du Lago del Inca, au coeur des Andes.

 

Apres cet episode, les choses s'accelerent. Nous decidons de rejoindre la ville de Calama, 1500km plus au nord, en bus. Premierement, cela nous epargne 20 jours de traversee du Desert de l'Atacama, connu pour son aridite. De plus, en agissant ainsi, nous avons une chance de passer entre les gouttes de l'hiver Bolivien qui approche a grands pas et rend le Salar de Uyuni impraticable pour les velos. En effet, s'il fait tres sec et froid en hiver, l'ete en Bolivie est extremement pluvieux.

Nous voici donc a Calama, a environ 2300m d'altitude et 450km d'Uyuni. Il nous faudra 5 jours et demi pour effectuer la traversee. Sans doute notre plus belle etape depuis le debut de ce voyage ! Le desert de l'Atacama puis les Salars Boliviens entoures de volcans qui culminent a plus de 6000m sont epoustouflants. Peu apres notre depart de Calama, nous nous etonnons de nous essoufler aussi vite. C'est au village ou nous comptons passer la nuit que nous comprendrons la raison, le village de San Pedro se trouve a 3240m  d'altitude. Le lendemain nous passerons a plus de 4200m, dans des paysages desertiques a couper le souffle ( comme si on en avait besoin...). Ici le monde mineral offre toutes ses richesses, en partie exploitees par l'homme. Nous dormirons d'ailleurs a l'abri du vent, dans un campement de mineurs du salar Ascotan.

Cela fait 5 jours que nous roulons a plus de 3600m d'altitude et semblons nous y etre bien habitues. Les legers vertiges du debut ont disparus et nous nous essoufflons moins vite a present.

Si l'Argentine et le Chili ne nous avaient pas reellement depayses, la Bolivie nous apparait dans toute sa pauvrete des le passage de la frontiere. L'hospitalite est toujours presente mais la relation avec les Boliviens est bien differente. Nous passerons notre premiere nuit dans un campement militaire, perdu au milieu du desert et aux allures de chateaux de sable. Une garnison de 6 jeunes soldats "garde" ce poste delabre et prennent leur role tres au serieux.

En resume, de Calama a Uyuni, ce n'est que du bonheur et de l'emerveillement. Amis cyclotouristes, allez-y sans hesiter. Seul bemol, les pistes Boliviennes sont dans un tel etat que meme les 4X4 preferent rouler a travers tout plutot que sur ces 150km de tole ondulee. Heureusement les ouvriers de la route sont la, au nombre de 5, a velo, et armes d'une simple pelle...

Il ne pleut pas encore, dans deux jours, nous nous elancons sur le Salar de Uyuni. Pour l'instant nous profitons des charmes de cette ville.

Malheureusement nous ne pouvons pas publier les photos maintenant compte tenu de la lenteur du reseau. Il vous faudra donc patienter un peu pour decouvrir la beaute des paysages que nous contemplons chaque jour.

Publié dans De Ushuaïa à Uyuni

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benoit 02/02/2011 14:10


Vous me faite rever! les photos sont magnifique, profitez bien et prenez soin de vous!


Ali 01/02/2011 15:57


Quelques pages -encore et toujours- de Giono, la carte postale d'un fameux hêtre qui en tombe, un vieux lien littéraire qui provoque l'envie insistante de prendre des nouvelles...et voilà que le
hasard -aidé de Google- m'emmène ici...Je suis heureuse de savoir que tout va bien, et que ta route se construit, jumelle blonde d'un bout de chemin passé ;-)...bon vent à vous deux.


Rémy 30/01/2011 17:34


Pour vous et tous ceux qui vous accompagnent au travers de ce blog, un poême couleur locale (Pablo Neruda). Mais vous, vous savez déjà tout ça !

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions,
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !
Agis tout de suite !


Vous êtes épatants
Rémy


nathanael 29/01/2011 20:50


Simplement enormissime !!! Haut le coeur les trippeurs, et merci aussi pour ces cartes ;)


cassou cindy 27/01/2011 20:31


Juste un petit coucou rapide pour vous remercier pour la carte ! Beaucoup de bisous, Cindy