Quelques capitales Européennes plus loin...
Nous qui pensions suivre l’été tout au long de notre voyage, nous voila rincés ! De tortues, nous devenons grenouilles ! Qu’a cela ne tienne, nous poursuivons notre petit bonhomme de chemin… Le temps ne semble pas plus clément pour vous qui nous suivez, de l’autre coté des Alpes. Ya plus d’saison, ma bonne dame ! Nous remettons donc nos scéances “bronzage“ a cet hiver, rangeons nos maillots de bain, et ressortons les vestes… Le vélo dans les flaques d’eau, c’est tellement plus rigolo ! Et quand le soleil nous honore de s présence, les paysages prennent de magnifiques teintes presque automnales.
Nous vous avions laissés sur la route de Belgrade… Reprenons donc notre récit: la capitale de la Serbie est une bien jolie ville. Nous n’y passons qu’une journée, le temps de parcourir les rues piétonnes et les murailles de la citadelle, de s’offrir un bon petit resto, et une scéance de cinéma… Agréble petite pause avant de reprendre la route, toujours le long du Danube. Bien vite, nous passons une nouvelle frontière : celle de la Croatie. Nous qui pensions trouver en Serbie et en Croatie des peuples marqués par la guerre, nous avons été bien vite détrompés ! Rarement avions-nous vu des visages plus rieurs ! Quel accueil ! Lors d’une (rare) pause bière dans un minuscule village, Idriz nous aborde tout sourire, dans un mélange d’allemand et de croate (glups, la, on comprend rien !). Le dialogue est simplifié a l’arrivée de Zupan, qui parle anglais. En quelques minutes, nous voila invités chez Idriz, une chambre avec un vrai lit et de vrais draps mise a notre disposition, une vraie douche offerte, et vrai barbecue préparé avec beaucoup d’enthousiasme par notre hote. (Avec trop d’enthousiasme, peut-etre, car meme a six, Idriz ayant ramené tous ses amis, nous ne parvenons pas a finir la viande…)
La journée devient soirée, puis nuit, égayée par les concerts de guitare (décidément, je ne suis pas douée pour ca !) et de musique Rock des années 80, et les discussions a n’en plus finir. Tout ce que nous avons a offrir est notre temps, et nous l’offrons de tres bon coeur. Nous aurons alimenté les discussions de ce tout petit village pour un bon moment. Zupan nous avoue que parmi les tres nombreux cyclotouristes qui traversent leurs rues, bien peu prennent le temps de discuter avec ces petits vieux sur leur banc. La derniere en date a avoir accepté leur invitation est passée il y a trois ans, et ils en parlent encore !
Décidément, les distances sont bien courtes en Europe, et les pays bien petits ! En moins de temps qu’il faut pour le dire, nouveau poste frontière, nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle monnaie…Nous voila en Hongrie. Nous roulons vite, et peu.
Alors que nous n’avions parcouru qu’une trentaine de kilomètres, nous nous arrétons un matin a Baja pour boire un café. Nous voilà attablés avec Francois Fevrier, dont l’aventure danubienne semble devoir s’arreter la: une vilaine chute a vélo lui a abimé quelques cotes… Francois est un ancien ébèniste-restaurateur de meubles anciens devenu architecte, passionné d’art et de voyages. Il va sans dire que les sujets de conversations ne manquent pas. De la terrasse du café, nous passons au restaurant, puis a un autre café…De fil en aiguille, les heures s’écoulant bien vite, nous décidons de passer la nuit dans cette petite ville. Nous assistons a l’arrivée des participants de la plus longue course a la rame d’Europe : Budapest-Baja, 165 km sur le Danube, en un peu moins de 9 heures pour l’equipage gagnant.
La Hongrie nous impressionne par sa netteté. Pour un peu, on se croirait en Suisse, au regard des routes soignées, des petits villages fleuris et impeccables ! Meme les berges du Danube sont tondues (on soupconne les moutons d’etre spécialement dressés pour la tache), et offrent de magnifiques aires de camping gratuites, pour le plus grand plaisir des pecheurs et des cyclotouristes. Plus on approche de Budapest, plus les voyageurs a vélos sont nombreux ! La piste devient parfois autoroute. Le troncon Vienne-Budapest est le plus célèbre, et le plus parcourus par des centaines de vélos équipés de sacoches.
Des le premier regard, nous sommes seduits par Budapest ! Cette ville est magnifique. Le regne des Habsbourg a laissé de superbes ensembles architecturaux qui dressent leurs tours au bord du Danube. Cerise sur le gateau, la ville possède un camping ! Nous avons donc tout loisir de nous promener en tous sens, la tente plantée sous de grands arbres. Le soleil nous gratifie meme de sa présence pendant deux belles journées ! Un record depuis notre traversée des Carpates.
Un bref saut en Slovaquie nous mène a Bratislava, la plus petite des capitales européennes. Si le vieux centre historique ne manque pas de charme, la ville, elle, manque bien de vie, surtout apres la pétillante Budapest.
Belgrade, Budapest, Bratislava, and last but not least, Vienne ! Capitale des croissants et des pains au chocolat, de quoi réjouir notre patissier en chef ! Depuis notre arrivée hier, la pluie ne nous laisse aucun répit, malheureusement… Bon, cela nous laisse plus de temps pour visiter les patisseries (et les musées, accessoirement)!
Un p´tit tour dans quelques capitales européennes qui valent le détour ! Notre aventure danubienne s’achève ici. Quand nous repartirons, nous abandonnerons le grand fleuve pour traverser l’Autriche et gagner l’Italie, où nous espérons bien retrouver Hugo, Cindy, et tous leurs compagnons a quatre pattes… Puis il faudra envisager le retour, idée a laquelle nous nous sommes bien habitués à présent. D’etre si proches, finallement, nous donne envie d’accélérer le rythme afin de retouver paysages et visages familiers…Mais notre route nous promet encore de bien belles étapes, alors ne mettez pas encore le champagne au frais, nous ne sommes pas encore rentrés !
Et pourtant il serait temps, car me prendre pour une tortue ne me réussit vraiment pas !